Historiquement

Très longtemps avant Jésus Christ, on parle 800 à 1000 ans, (certains avancent bien plus encore
dans certaines régions du monde), on sait que les habitants de l’île avaient trouvé des moyens de
récupérer cette manne océane.

On a retrouvé des traces de poteries ayant servi à récupérer le sel par évaporation
forcée et chauffage. Cela remonterait à l’âge du fer, époque où l’on maîtrise
assez le feu pour s’en servir comme évaporateur par chauffage et décantation de l’eau de mer dans des
poteries rustiques. Cela permettait d’obtenir des pains de sel qu’il était facile d’emmener et qui pouvait
servir de monnaie d’échanges dans un temps où le troc était la base des échanges commerciaux.

La technique dite du marais salant, ou évaporation naturelle, est apparue bien plus tard après
l’arrivée des romains qui pratiquaient cette technique en Méditerranée où l’eau est plus
chargée en sel que l’Atlantique d’une part et d’autre part, la puissance d’évaporation par l’ensoleillement
est évidemment plus forte que sur les côtes ouest. Cependant les romains constatant que les îles de
l’archipel charentais avaient un très fort ensoleillement par comparaison aux zones côtières de ces
mêmes régions, amenèrent des sauniers méditerranéens qui apprirent leurs techniques
aux gaulois du cru. La tradition s’est perpétuée et l’on retrouve dans des écrits du début
du moyen âge des manières de tirer le sel de la mer.

Tout au long des guerres que se sont livrés français et anglais dans ces régions, le sel a
conservé une sorte d’aura de bienfait et de don du ciel qui fait que si l’on détruisait allègrement,
vies, château, maisons et églises, si on brûlait les récoltes dans les champs, les marais salants
eux, ont toujours été respectés…

Ils étaient pourvoyeurs de la richesse fiscale du royaume, depuis la décision de Philippe de Valois en 1340.
Pour ces régions de production de sel, l’impôt était prélevé à la base donc à
la production sous forme de la reprise du quart de la production pour l’état qui par l’instauration du service des
sauniers imposait l’achat du sel dans ses greniers. Ce système était très décrié
chez les producteurs qui ne pouvaient lutter contre la loi royale. Mais lorsqu’en 1541 le système du quartage
(les 25% prélevés) fut remplacé par l’impôt unique de 44 livres tournois par muid de sel
à acquitter directement au marais salant, la révolte commença à sourdre.

Un an plus tard (1542) sentant que la révolte montait l’impôt par muid fut ramené de 44 à
24 livres par muid, mais on donnait d’une main pour reprendre de l’autre,
et pour cela, les exportations et le sel des pêcheurs qui étaient exonérés ne le furent
plus et cela déclencha inévitablement le soulèvement… qui fut réprimé dans le sang,
mais François 1er vint de Cognac à La Rochelle et décida de rapporter l’édit de 1542.
Cela calma un peu les esprits… mais pas les désirs des agents du fisc royal qui voyaient leur échapper
une partie de la manne des impôts sur les sel, celui qui rapportait gros.

Ils généralisèrent
l’idée des greniers à sel et l’ordonnance du 6 décembre 1544 étendit l’obligation du
régime des greniers à sel dans tout le pays. Et, deux ans plus tard, le15 mars 1546, ces greniers
passaient aux mains des fermiers généraux. La taxe frappait alors tout le monde et cela déclencha
une nouvelle révolte… qui se solda par un échec… mais déjà d’autres idées arrivaient
qui allaient permettre au fisc de passer leurs ordonnances sans problème puisque les guerres de religions
prenaient le relais des révoltes paysannes. |